Une émission sur TF1 se prépare sur la santé. Contacté par la rédaction pour préparer cette émission, je souhaiterais avoir votre point de vue sur les problèmes existants dans notre système
hospitalier ou sur les problèmes rencontrés au quotidien dans votre service. Cliquez ici
A partir de 5 h 00, le travail est dense. Prise des paramètres, les bilans sanguins ainsi que les BK tubages ou crachats à effectuer, les prélèvements urinaires et les changes des
patients doivent être terminés à 7 h 00, heure de l'arrivée de la relève. Très souvent, on se trouve confronter à des imprévus.
Samedi matin dernier, ma collègue aide-soignante ( je rappelle que le personnel de mon service est limité à deux pour 27 patients, en attendant l'ouverture prochaine de 7 lits sans ajustement de
personnel ), entra dans la chambre où je pratiquais un BK tubage pour m'annoncer la mort d'une patiente, qui etait admise pour altération de l'état général. Arrivée à son chevet, je
constatais l'inexistence du pouls et de sa non réactivité.
Immédiatement, j'appelais mon cadre qui avertit le médecin de garde. Attendant son arrivée, selon le protocole, nous ne devions pas commencer la toilette mortuaire. Cela m'arrangeait car je n'avais
pas encore terminé mon tour.
J'ajoute une précision, le médecin qui est de garde dans mon service, est en fait d'astreinte car il est chez lui. Ceci dans le but de faire des économies, au détriment de la sécurité des
patients.
Le médecin arriva à 6 h 45, alors que la patiente a été decouverte sans vie par l'aide-soignante à 5 h 35. 1 h 10 se sont écoulées. Pendant tout ce temps, nous ne pouvions pas informer la
famille du décès. Qui d'entre nous aimerait recevoir l'information 1 heure après l a découverte du décès d'un proche ?
Le médecin s'est assis sans scrupule et tranquillement pour signer les papiers réglementaires attestant le décès, alors qu'il ne s'etait pas rendu dans sa chambre. De plus, il demanda aux
infirmières du matin qui, entre temps, sont arrivées : "Passer moi la famille de la défunte". Le téléphone se trouvait sur le bureau où il était assis, et le numéro de téléphone de la famille
etait inscrit sur le dossier qu'il tenait dans sa main.
Je lui rétorqua immédiatement : "Vous avez tous les outils en face de vous".
Il me répondis avec un air aristocrate "Je ne suis pas standardiste, je vous le rappelle".
Je n'ai pas hésité à lui dire ce que je pensais de son attitude. Bien entendu, mes collègues ne dirent pas un mot et étaient prêtes à exécuter les ordres d'un monarque. Car c'est de bien de
cela qu'il sagit : un monarque.
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