Bilan sur la politique hospitalière

Publié le par patdinina972

Fin d'année oblige, il est important de faire un bilan sur la politique hospitalière menée durant l'année écoulée. Le système santé français est un des plus performants du monde mais aujourd'hui il a subit des réformes ( plan hôpital 2007 ) qui ont contribuées à un changement profond de notre système hospitalier. Quel regard doit on porter sur l'hôpital public ? Bilan de la reforme plan hôpital 2007.


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Les contraintes financières n'ont cessé de s'accroître, en même temps que se sont accélérées les innovations technologiques, rendant la médecine de plus en plus coûteuse, la mise en place du plan hôpital 2007 avait pour but de sauver l'hôpital public par la mise en oeuvre de la T2A ( tarification à l'activité ), d'un autre schéma de la planification hospitalière, d'un appui finacier qui s'est traduit principalement par des mesures facilitant l'emprunt ( donc de faciliter la dette ) et par la mise en place d'une nouvelle gouvernance ( la création de pôle ).



Dans le concret, de nombreux hôpitaux ont fermé, en particulier les hôpitaux ruraux. D'autres ont vu aggraver leur endettement malgré la mise en place de la T2A . Dans de nombreuses régions de France, les situations sont devenues critiques, à tel point, qu'on préfère réduire la masse salariale aggravant les conditions de travail et la qualité des soins. La tarification à l'activité a fait des dégâts sur les établissements hospitaliers. 22 CHU sur 27 sont en déficit chronique.
Avant les hôpitaux fonctionnaient sous dotation globale corrigée. Avec la mise en place de la T2A, le calcul moyen du coût des soins a été défini selon un tarif moyen valable pour tous les hôpitaux publics. Par conséquent, les hôpitaux sont dotés selon leur activité propre. Les activités les plus rentables seront valorisées. Exemple : 

Laurent M. 34 ans adressé à l'hôpital pour instabilité à la marche, après un bilan, les médecins diagnostiquent une hypertension artérielle mal équilibrée. La durée du séjour sera de 2 jours. Le calcul de la T2A suit cette codification :
groupe : GMH 191
moyenne de séjour : 6 jours

Mireille B. envoyée aux urgences pour instabilité à la marche, et ayant du mal à s'exprimer après bilan sera admise au final pour hypertension artérielle mal équilibré mais Mireille n'a pas de famille, et nécessite une aide pour la toilette et les repas, donc le séjour sera de 9 jours en neurologie.
groupe : GMH 191
moyenne de séjour : 6 jours

Sous la T2A :
-la prise en charge de Laurent H. est de 4 jours
le remboursement valeur ISA : 1165 points
C'est une recette positive pour l'établissement
-la prise en charge de Mireille B. est déficitaire de 3 jours
le remboursement valeur ISA : 1165 points
C'est une dépense supplémentaire pour l'établissement

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Cette tarification ne peut aboutir qu'à une sélection des pathologies en fonction de ce qu'elles rapportent au pôle. Car le pôle, nouveau mode de gouvernance, ne cherche qu' à rentabiliser les services qu'il a à sa charge. Chaque pôle devient une entreprise qui cherchera à reduire les charges, en mutualisant le personnel ( une infirmière n'est plus attachée à un service mais à un pôle ), et en sélectionnant les malades.



Dans le quotien, il y a une multiplication des contrats précaires. Au CHU de Lens, les contrats précaires ont été tout simplement remerciés, près de 250 personnes aujourd'hui sont sans emploi. A Nice, 20% des contrats sont des contrats précaires. En Guyane, dans un service, les 3/4 du personnel soignants signent tous les mois un CDD...

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Tout est fait pour précariser le personnel afin de le rendre maléable et flexible. Jean Kervasdoué, ancien directeur des hôpitaux, l'avouait, "chaque pôle ....devra être rentable et pouvoir à terme licencier". Daniel Laurent ajoute, directeur de l'institut montaigne, "l
e principal avantage des hôpitaux privés à but non lucratif, c’est le contrat de droit privé qui lie l’établissement à son personnel". Le risque, et probablement l’objectif, c’est la réduction de personnel et, si besoin, le dépôt de bilan de certains pôles ou hôpitaux.

Les mêmes faits se sont produits en Allemagne, aboutissant à la privatisation des CHU. Le service public hospitalier français a toujours conserver une mission de service public mais avec une privatisation qui ne veut pas dire son nom. On applique la politique de l' Organisation Mondiale du Commerce avec l' Accord Général sur le Commerce des Services. 
Tous ces plan de restrictions ont obligé les hôpitaux à diminuer leur effectif (les salaires représentent l’essentiel du budget) et les services supports (entretien, hôtellerie, blanchisserie) ont été majoritairement traités par des sociétés extérieurs.

La santé ne peut être soumise aux lois du marché et de la concurrence. Il s’agit d’un droit fondamental dont la perte constituerait un recul social majeur. Les citoyens en pâtiront, mais les soignants aussi, par la précarisation des contrats de travail, avec une diminution des salaires à la clé.

Publié dans Politique de santé

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mourad 20/06/2008 18:26

pétition pour la déstitution de sarkozy, j'ai signé et je vous invite a signer et à diffuser largement, pétition à signer sur http://www.antisarkozysme.com

fan-2-tw0ua 09/01/2008 12:04

un tii +(

Dominique 06/01/2008 23:08

Il y a longtemps que l'hôpital est malade et les plans successifs agravent son état. Ceux qui décident ne savent pas ce qu'est un malade ni la charge de travail du personnel soignant qui n'est considéré que comme un pion.

pirlouit37 28/12/2007 16:00

\\\ ///
( @ @ )
o00o.(_).o00o
VOICI MON +5 DU JOUR.
BONNE JOURNEE PIRLOUIT37

stef et mimile 28/12/2007 05:00

Je ne suis pas d'accord avec Judith et son message précédent le mien : non il y a des choses avec lesquelles on ne doit pas faire des économies, notamment notre système de santé !!! Il faut au contraire le renforcer et renflouer les caisses en allant chercher l'argent où il est, mais certainement pas en le "libéralisant". J'ai passé (il y a 3 semaines) 6 heures aux urgences avec ma fille de 3 ans qui s'etait bléssé à la main, tout simplement car il n'y avait qu'un médecin en poste, et deux infirmières. C'était pourtant en journée et en semaine.... Tout ça par faute de moyen pour embaucher... Où allons nous ?
Sur ce, Bonne fin d'année pat, et tous nos bons voeux pour 2008
Mimile (et Stef)