Prend t-on la direction du modèle allemand ?

Publié le par patdinina972

Les hôpitaux français ont évolué en trois étapes. La première correspond à des progrès technologiques médicales, comme l'anesthésie. Cette évolution correspond à la période du milieu du 19ème siècle.
La deuxième étape fut les découvertes de nouvelles techniques médicales comme la scintigraphie, la résonance magnétique nucléaire, la coello-chirurgie... . Ceci correspond aux années 50 et 60.
La troisième étape, et elle nous concerne tous, puisque les pouvoirs publics pointent très souvent du doigt la dimension économique. Les dépenses hospitalières publiques et privées constituent 62 milliards d'euros, soit près de la moitié des dépenses d'assurance maladie.




Les solutions apportées par la puissance publique


La création des "pôles".
Désigne le regroupement de plusieurs services. Il y aura un chef de pôle qui sera un médecin.
Les objectifs de ces pôles seront de trois sortes.
- Améliorer la coordination dans la prise en charge des patients. Cet objectif parait contestable puique la collaboration entre les services fonctionnait déjà.
- Mutualiser les moyens des différents services. C'est permettre de faire des économies, en utilisant au maximun les outils de chacun des services, qu'il soit matériel ou humain. Cette mutualisation des moyens existait déjà. Les équipements de certains services, comme l'échographie, ont toujours été mis à la disposition de tous les patients de l'hôpital.
- Contractualiser les moyens attribués à chaque pôle en fonction de leur activité prévisionnelle, sur les bases d'une négociation entre le directeur d'établissement et les chefs de pôle. Ceci etait possible entre le chef d'un service et le directeur de l'établissement.
Ces pôles d'activité ont un but essentiellement économique. Le but est de donner des objectifs financiers à tenir à chaque chef de pôle. 

La tarification à l'activité ( T2A)
Cette tarification est un mode de financement visant à la mise en place de facturation et de paiement des activités des établissements de santé publics et privés. L'allocation des ressources est fondée sur la nature et l'activité.
On passe par une logique de moyen à une logique de résultat, conforme à la logique libérale. Ce sont les recettes issues des activités hospitalières qui vont  déterminer les dépenses.



Le cas allemand

La T2A a été appliquée en Allemagne dès 2003. Cette tarification a soumis les autorités locales qui gèrent les hôpitaux publics à une pression financière qui  a débouché à la privatisation des hôpitaux.
Il y a plusieurs formes de privatisations. Certaines autorités locales confient le management au secteur privé. L'hôpital devient alors une société anonyme. L'autre type de privatisation est la privatisation partielle ou totale. Le seul mot d'ordre outre-rhin est la rentabilisation des établissements.
Même les CHU sont mis en vente. En 2005, deux CHU ont été rachetés par l'entreprise
Rhön Klinikum AG2, et à terme vont être fusionnés. 
Il est douteux de croire que concilier rentabilisation et service public est possible. C'est deux thèses qui s'affrontent.
En France après la T2A, le Président de la République souhaite plus de privé dans notre système de santé. Le seul gisement d'économie est le système hospitalier. 



Et le service rendu ? 

Pouvons nous pas apporter des moyens réels et non pas contenter le secteur privé, souhaitant prendre une part du gâteau. Car le but du secteur privé est de satisfaire ses actionnaires. Sa logique est le court terme, et le seul mot d'ordre est la rentabilité financière. Ce sera le massacre de notre systéme hospitalier.
Ici et là des voix tentent d'accélérer ce mouvement libéral. Dernièrement, le directeur de l'institut montaigne, Daniel Laurent, disait lors d'un colloque : " Une des pistes de travail est la possibilité pour les hôpitaux publics d’évoluer vers le statut d’hôpitaux privés à but non lucratif. L’hôpital privé à but non lucratif est la norme internationale. Aux Etats-Unis, les grands hôpitaux sont privés à but non lucratif, de même que dans la plupart des pays européens. Il y a donc une évolution possible, malgré l’obstacle de la fonction publique. D’ailleurs, certains précédents le montrent, comme l’évolution de France Télécom ou de La Poste. Le principal avantage des hôpitaux privés à but non lucratif, c’est le contrat de droit privé qui lie l’établissement à son personnel. Là aussi, ce n’est pas exceptionnel, il faut autoriser les expériences, car il est vrai que l’hôpital public est le point critique de l’évolution du système de santé. "


On assiste à la décomposition des hôptaux, suivant une recette libérale. Le discours est la nécessaire privatisation pour lutter contre la manque de qualité et de financement.
Mr Daniel Laurent parle de La poste, mais dans cette entreprise, on ne recrute plus des fonctionnaires depuis des années, c'est devenu également une S.A., mais dans le même temps, le personnel observe un écart des salaires de 20%. Les salariés recrutés sous contrat privé gagnent moins qu'un fonctionnaire, et surtout sont moins protégés.
Alors que voulons ?

Publié dans Politique de santé

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mathieu 26/01/2008 00:43

l’hopital comme le reste de la fonction publique est incapable de progres . les questions de base à se poser restent les memes qu’ailleurs: Pourcentage de personnes qui font autre chose qu’etre face au malade par rapport à l’effectif total ? Que fait on pour le réduire ? Comment détecte t’on les meilleures pratiques ? que fait’on pour les généraliser ?
Le reste n’est que folklore et corporatisme

olimpikdemarseille 17/01/2008 21:43

+5 pr toi

Jérémy 28/12/2007 10:55

Le problème de l'hôpital pour nos éminents dirigeants, c'est qu'il constitue avant tout un poste de dépenses sans apporter la moindre recette. Evoluer vers le modèle allemand, c'est déjà le début de la fin. Malheureusement, je pense qu'à terme, si on ne se mobilise pas, on va plus s'acheminer vers la santé à deux vitesses américaine plutôt que vers le système allemand.

rigobert 20/12/2007 04:28

La santé en allemagne a été bien assuré, tres effficace.
Aujourd'hui, il y a des inégalités qui se sont crées. Est ce la privatisation qui est en cause ?

eva journaliste-resistante 13/12/2007 23:53

... et il faut payer 200 à 300 euros de dépassement pour se faire opérer,
et les franchises bientôt, et combien déjà par jour d'hospitalisation ?
le RMISTE ne peut plus aller à l'hôpital

j'étais en Russie il y a trente ans (voir "bons baisers de Russie", sur htt://r-sistons.over-blog.com), une participante est tombée malade, elle n'a rien eu à payer et c'était impeccable

aux Etats-Unis, l'Eldorado.........

et nous, avec Sarkozy, bientôt ??? Eva

patdinina972 14/12/2007 18:42

 systèmes qui sont totalement imposés. Mais pourquoi pas garder ce qui a marché chez nous. C'est l'onu et l'oms qui l'avaient dit. On a un systéme de santé efficace!!